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"Laïcité" pose problème sur le fronton d'une mairie

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"Laïcité" pose problème sur le fronton d'une mairie

Par Louise Cuneo

Restera, restera pas ? La mention Laïcité , que le maire socialiste de Joué-lès-Tours, Philippe Le Breton, a fait apposer lundi sur le fronton de sa mairie, suscite la polémique. Ce mot, placé sous le traditionnel Liberté - Égalité - Fraternité , modifie-t-il la devise républicaine ? Car seul le pouvoir constituant (députés et sénateurs réunis en congrès ou le peuple par voie de référendum) a le droit de transformer la devise fixée depuis 1946 par les constitutions de 1946 et 1958. La préfecture d'Indre-et-Loire juge donc l'initiative du maire illégale, et demande le retrait de la mention.

"On a fait plancher nos juristes, et la loi n'est pas claire sur le sujet", réplique Éric Bedoyan, directeur de la communication de la Mairie de Joué-lès-Tours. "Nous ne voulons pas d'un combat procédural. Une délibération sera soumise au prochain conseil municipal, le 8 mars prochain, pour retirer l'inscription laïcité et apposer sur le mur de l'Hôtel de Ville une plaque rappelant l'article 1er de la Constitution : "La France est une république indivisible, laïque, démocratique et sociale." Jusqu'à la fin de la semaine prochaine, la mention restera donc en place. Du côté de la Préfecture, on affirme cependant que Laïcité disparaîtra du fronton de la mairie avant, soit "d'ici la fin de cette semaine".

Un précédent à Étampes

Le maire de Joué-lès-Tours n'en démord pas. "Après le discours de Nicolas Sarkozy sur la laïcité positive en 2007, le débat très glauque sur l'identité nationale, la loi sur la burqa (...), la restauration rapide hallal, je me suis dit qu'il fallait entrer en résistance contre une banalisation du fait religieux dans la vie publique", a-t-il expliqué mardi à l'Agence France Presse. "Je ne stigmatise aucune religion, je veux que toute religion soit respectée, mais il y a des lieux de culte pour cela", a-t-il souligné.

Les élus de l'opposition municipale se sont dit quant à eux "scandalisés", déplorant que le maire n'ait "même pas demandé l'avis du conseil municipal" et lui demandant de retirer la mention. Philippe Le Breton a rappelé qu'une initiative du même type avait été prise avant lui par un maire UMP. En janvier 2004, en effet, le député-maire d'Étampes Franck Marlin était même allé plus loin encore, et avait apposé des blasons portant l'inscription Liberté, égalité, fraternité, laïcité dans tous les lieux publics et édifices municipaux. Il avait déposé dans le même temps une proposition de loi visant à modifier l'article 2, alinéa 4 de la Constitution, qui fixe la devise républicaine. Fin mars 2004, le maire a reçu une lettre du préfet lui demandant de retirer ces blasons, puisque la devise n'était pas encore modifiée. Si Franck Marlin s'est exécuté, il n'a pas pour autant abandonné sa cause. Aucune suite n'ayant été donnée à la proposition de loi à l'époque, Franck Marlin en a redéposé une le 14 décembre dernier. Affaire à suivre.

Photo : Philippe Le Breton, maire de Joué-lès-Tours, a dévoilé lundi le mot "laïcité" sur le fronton de l'hôtel de ville, sous la devise républicaine © PHOTOPQR/LA NOUVELLE REPUBLIQUE

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