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Dégradation de la sécu : la santé coûte 50 % plus cher aux familles qu'en 2001

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Selon une étude diffusée lundi 9 novembre par la Fédération française des sociétés d´assurance (FFSA) et le Groupement des entreprises mutuelles d´assurance (GEMA), les régimes obligatoires (Sécurité sociale, Etat et collectivités locales au titre de la CMU ou de l'Aide médicale d'Etat) ont financé 76,9 % du total des dépenses en 2008, contre 77,5 % en 2007, les complémentaires santé 13,7%, contre 13,5 %, et les ménages 9,4 %, contre 9,0 %.

La part de la Sécurité sociale stricto sensu ressort à 75,5 % "soit son niveau le plus bas depuis 1995 (77,1%)", relèvent les auteurs de l'étude. Les diverses mesures d´économie de ces dernières années prises afin de limiter le déficit de la branche maladie en sont la cause. A l'intérieur des complémentaires santé, seule la part financée par les assureurs privés progresse, à 3,5 %, contre 3,3 %, alors que la part des mutuelles santé reste stable, note l'étude.

La santé coûte 50 % plus cher aux familles qu'en 2001

(article des Echos du 12/11/09 )

Les Français le sentent, à défaut de le mesurer précisément : le coût de leur santé, calculé en additionnant leur cotisation d'assurance ou de mutuelle et les montants restant à leur charge, pèse plus lourd dans leur budget. Dans l'étude « Dépense de santé et budget des ménages : évolution depuis 2001 » qui sera présentée le 25 novembre prochain, Jalma, cabinet de conseil spécialisé en protection sociale, a réussi à cerner la réalité de cette inflation. Le constat est sans appel : « En huit ans, le poids des dépenses de santé dans le budget des familles a augmenté de 40 % à 50 % en moyenne », résume Mathias Matallah, président de Jalma.

Cette augmentation est généralisée, quel que soit le mode de couverture (individuel ou collectif), le profil de l'assuré (jeune, famille, senior), le niveau de revenu ou la localisation. Le tout sans réforme majeure de la santé. « Ces chiffres sont d'autant plus impressionnants que la période 2001-2009 n'a pas été marquée par des désengagements massifs de la Sécurité sociale, dont la part dans le financement des dépenses de santé n'a que très légèrement baissé sur la période - passant de 78 % à 77 % - et qui continue à assumer presque intégralement les dépenses les plus lourdes (affections de longue durée et hôpital) », indique-t-il. Dit autrement, l'accumulation de « mesurettes », comme les franchises, le déremboursement de certains médicaments, l'augmentation régulière du forfait hospitalier ou la généralisation des dépassements d'honoraires, finit par peser lourd. L'inflation est généralisée, mais certains en souffrent plus que d'autres. « On observe un creusement très net des inégalités : entre individuel et collectif ; entre actifs et seniors », commente Mathias Matallah. A titre d'illustration, une famille consacre en moyenne 7,43 % de son budget à la santé en 2009 quand sa couverture est individuelle et 3,8 % quand elle est collective. Quant aux seniors, s'ils bénéficient encore d'une prise en charge favorable par les ré¬gimes obligatoires, l'effritement des solidarités intergénérationnelles a une traduction chiffrée : la santé pèse pour 11 % de leur budget aujourd'hui, contre 7 % en 2001. Une chose est sûre : être couvert via son entreprise reste le plus avantageux, tant en termes de tarif que de garanties. Car, en couverture collective, paradoxalement, « plus la garantie s'élève, plus la part dans le budget diminue », observe Jalma. Un couple de cadres de 55 ans basé en Ile-de-France consacre 3,41 % de son budget à la santé avec une couverture entrée de gamme et 2,98 % avec une couverture haut de gamme ! Dans la même veine, les non-cadres sont pénalisés par rapport aux cadres. Pour Jalma, ces écarts mettent « le système à la limite du soutenable, mais niveler par le bas serait politiquement suicidaire et socialement régressif ». Que faire alors ? « Certaines mesures de bon sens pourraient être prises, comme un encadrement de l'écart des cotisations entre jeunes et retraités, commun à l'individuel et au collectif, à l'image de ce qui a été fait pour les fonctionnaires »,plaide Mathias Matallah.

GERALDINE VIAL, Les Echos

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