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Année 2010 du médicament pour la revue "Prescrire"

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Le numéro de février 2011 de la revue Prescrire, avec l'étude "L'année 2010 du médicament : évaluation insuffisante, patients trop exposés", est paru 27 janvier.

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ANNÉE 2010 DU MÉDICAMENT : ABSENCE DE PROGRÈS ET DÉFAILLANCES DES POUVOIRS PUBLICS

Dans son bilan 2010 du médicament, Prescrire déplore le peu d'avancées pour les patients et un nombre trop important de médicaments à éviter. En 2010, 97 nouveaux médicaments ou indications de médicaments déjà commercialisés ont fait l'objet d'une cotation par Prescrire. Parmi eux, seuls 4 apportent un progrès notable pour les soins. Mais 19 autres sont autorisés en dépit d'une balance bénéfices-risques défavorable.

À défaut de commercialiser des médicaments apportant de réels progrès, les firmes recyclent d'anciennes substances sous forme d'associations à doses fixes ou pour de nouvelles voies d'administration. Chez les enfants, même si certains médicaments sont cotés "éventuellement utiles", leur évaluation est le plus souvent insuffisante et le progrès apporté est modeste.

Les agences du médicament ont pour mission de protéger les patients, mais elles sont trop souvent sous influence des firmes, rendant leurs décisions timorées en termes de retrait du marché.

En 2010 encore, seule une très faible proportion de médicaments à balance bénéfices-risques défavorable ont été retirés du marché. Soignants et usagers du système de santé ont intérêt à s'allier pour obtenir des agences et des autorités qu'elles prennent leurs responsabilités face aux firmes. En attendant, il importe d'éviter les médicaments plus dangereux qu'utiles que les autorités laissent encore sur le marché.

La non-qualité a un coût en termes de santé publique, de santé des patients et pour la collectivité.

STOP AUX GASPILLAGES

Trop de médicaments à effets indésirables disproportionnés sont commercialisés et remboursés, aux dépens des patients et des comptes de l'assurance maladie.

Parmi les médicaments nouvellement commercialisés analysés par Prescrire en 2010, encore une fois, la moitié environ "n'apportent rien de nouveau", c'est-à-dire sont sans intérêt pour améliorer les soins. L'élargissement des ventes, soutenu par la publicité, est la seule justification de ces commercialisations. Des dépenses inutiles.

Pire encore, en 2010, encore une fois, un médicament sur cinq a été coté "Pas d'accord" par Prescrire : des médicaments sans avantage pour les patients et trop lourds d'effets indésirables. Des dépenses dangereuses.

Comment expliquer que les agences du médicament nationales ou européenne aient autorisé ou approuvé ces commercialisations ? Comment expliquer que les pouvoirs publics aient accepté le remboursement de ces médicaments ? Et à des prix souvent beaucoup plus élevés que ceux de médicaments équivalents déjà disponibles ?

Comment ne pas évoquer l'influence des intérêts commerciaux sur les acteurs du système de soins, soignants et patients compris ? La frilosité des agences ? Des experts sous influence ? Des décideurs politiques soumis au chantage des firmes, ou soucieux de soutenir l'emploi et le développement des firmes pharmaceutiques nationales ou européennes, avant la santé publique ?

Autant de dépenses inutiles ou dangereuses, payées soit directement par les patients soit indirectement par l'ensemble des cotisations. Remboursez !

PALMARÈS DES MÉDICAMENTS : UN PROGRÈS NOTABLE EN 2010 MAIS SEULEMENT POUR DE RARES MALADES

Le Palmarès Prescrire 2010 comporte 1 médicament "inscrit au Tableau d'Honneur", 2 autres "Cités au Palmarès", mais aucune "Pilule d'Or".

Le palmarès des médicaments de Prescrire récompense chaque année les nouveautés qui représentent un progrès tangible pour les patients. Élaboré en toute indépendance par la Rédaction, il résulte de l'analyse des données disponibles sur les nouveaux médicaments ou les nouvelles indications réalisée par Prescrire durant l'année écoulée. Un tri minutieux permet de distinguer les médicaments selon l'importance du progrès thérapeutique : supplément d'efficacité ; moindre incidence ou moindre gravité des effets indésirables à efficacité similaire ; administration plus simple ou plus sûre du traitement.

En 2010, comme en 2008 et 2009, le Palmarès ne comporte pas de Pilule d'Or, c'est-à-dire qu'aucun nouveau médicament ne constitue un progrès thérapeutique décisif dans un domaine où malades et soignants sont totalement démunis. Le Palmarès comporte 1 médicament inscrit au Tableau d'Honneur : il constitue un progrès net pour certains patients par rapport aux moyens thérapeutiques déjà disponibles mais avec certaines limites. 2 médicaments sont cités au Palmarès car ils contribuent à améliorer modestement les moyens de prise en charge des patients.

Mais, depuis plusieurs années, l'arrivée d'une vingtaine de nouveautés par an de médicaments exposant les patients à des risques injustifiés constitue autant de régressions accumulées sur le marché.

Un grand nettoyage s'impose.

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