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Comment améliorer les systèmes de santé selon l'OCDE

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Un rapport de l'OCDE "Health care systems : efficiency and policy settings" évalue les systèmes de santé des pays de l'OCDE selon un ensemble de critères groupés sous 6 titres et propose des solutions pour en améliorer le fonctionnement Le journal "Le Figaro" dans son article Comment améliorer le système de santé français en propose une interprétation pour la France :

Comment améliorer le système de santé français

de Sophie Amsili La France pourrait allonger l'espérance de vie de ses habitants tout en diminuant ses dépenses de santé. C'est la conclusion d'un rapport intitulé « Améliorer le rapport coût-efficacité des systèmes de santé » publié par l'Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE).

D'après ce rapport, une réforme des systèmes de santé permettrait de gagner en moyenne deux années d'espérance de vie, à condition que tous les pays de l'OCDE deviennent aussi performants que les meilleurs d'entre eux. « À titre de comparaison, une hausse de 10 % des dépenses de santé, en l'absence de réforme, n'aboutirait qu'à un allongement de l'espérance de vie de trois à quatre mois seulement », précise le rapport.

Une économie de l'ordre de 1,3% du PIB

En améliorant l'efficacité du système de santé, les Français pourraient gagner une année et demie d'espérance de vie et l'Etat réaliserait une diminution de ses dépenses de santé de l'ordre de 1,3% de son Produit Intérieur Brut (PIB) alors qu'il en dépensait 11,2% en 2008. Un gain moins important que la moyenne des pays de la zone (près de 2%), mais qui reste non négligeable.

Si notre pays dépense ainsi plus que la moyenne de l'OCDE, « on oublie souvent que la position de la France en matière de résultats de santé est très favorable », rappelle l'auteur du rapport, l'économiste Isabelle Joumard. L'espérance de vie moyenne des Françaises (84,4 ans) est ainsi la plus élevée après celle des Japonaises (86 ans) et à égalité avec celle des Suissesses. La mortalité infantile (3,8‰) figure parmi les plus basses de l'OCDE et la mortalité évitable (due à l'absence de soins appropriés) à 50,4 pour 100.000 personnes est la plus basse de la zone.

Entre 1997 et 2007, les dépenses de santé en France ont augmenté de 27%. Au vu de l'état actuel des finances publiques, une évolution sur le même rythme est difficilement envisageable, explique Isabelle Joumard. « Le système de santé français est assez efficace mais des améliorations sont possibles ».

Des coûts administratifs élevés

Première faiblesse du système français : les coûts administratifs, particulièrement élevés. Ils s'élèvent à 7% du total des dépenses de santé, alors que la moyenne dans l'OCDE s'établit à 4%. Selon le rapport, le système d'assurance santé complémentaire, spécificité française, ainsi que la multitude des caisses d'assurance maladie aboutissent à des coûts administratifs élevés, mais aussi à des inégalités, véritable « point noir » du système français selon Isabelle Joumard. « Cela pose la question de la pertinence de la fragmentation du système d'assurances à la française », commente-t-elle.

Une meilleure coordination entre la médecine de ville et l'hôpital serait également nécessaire. La France dépense plus en soins d'hospitalisation que la moyenne de l'OCDE. Pour certaines pathologies, comme le cancer du poumon et colorectal, la durée des hospitalisations est plus élevée que dans la moyenne de l'OCDE sans forcément entraîner de meilleurs résultats. Des soins de longue durée délivrés par la médecine de ville pourraient fournir des soins plus efficaces à moindre coût.

Le rapport pointe également du doigt le nouveau système de tarification à l'activité mis en place dans les hôpitaux français. Cette réforme a été adoptée sans un réexamen des ressources des hôpitaux. Le rapport souligne que les contraintes restent très fortes sur le personnel, désormais rémunéré à la pathologie, et l'équipement hospitalier.

Il n'y a pas de système type

Six groupes de pays ressortent, selon que leurs services se fondent sur les mécanismes de marché ou sur une assurance essentiellement publique. Contrairement aux idées reçues, les pays qui se fondent sur l'assurance privée, comme l'Allemagne, les Pays-Bas et la Suisse, sont peu inégalitaires grâce à la présence de réglementations appropriées. Par ailleurs, ceux qui dépensent le plus ne sont donc pas nécessairement ceux qui affichent les meilleurs résultats en matière de santé.

« Aucun système de santé n'offre systématiquement un meilleur rapport coût-efficacité, conclut le rapport. Plutôt que le type de système, c'est davantage la manière dont il est géré qui importe ». Plutôt que de procéder à des réformes radicales, les Etats devraient donc s'inspirer des meilleures performances des autres pays fonctionnant sur le même modèle.

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