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On saime. Ou tout au moins, elle laime. Mais lui ? Il se tait, il attend. Quoi ? Le moment propice, une soudaine certitude ? Et voilà linsupportable fardeau de lattente, du doute. Parlera-t-il ? Avouera-t-il ses sentiments ? Ou alors, est-ce que je me goure tout à fait, il est amical, cest tout ? UNE DELICATE ALCHIMIE
Un calvaire, l'amour à ses débuts quand l'un des deux prend son temps ! Un calvaire aussi quand, enfin sûr, il « se déclare » comme on disait jadis. Un calvaire encore pour ceux qui, tombés dans les bras l'un de l'autre dès la première rencontre, se posent des questions identiques… Parce que l'amour n'est pas le désir, le désir n'est pas l'amour, et si l'on peut compter sur l'un peut-on nécessairement être sûr de l'autre ? Et peut-on, tout à trac, savoir à qui on a affaire : le désir ou l'amour ?
On s'aime, oui, mais comment ? Est-ce le cœur qui s'exprime ou le corps qui jubile? Comment discerner ? Comment savoir s'il vient parce qu'il a compris que nous sommes des « âmes sœurs » ou simplement parce que mes dessous l'affriolent ? Son absence de trois jours signifie-t-elle qu'il est rassasié et reviendra surtout pour faire l'amour, ou qu'il endure mille morts loin de moi, parce que mon sourire lui manque, ma conversation, ma douceur, disons-le tout net : mon amour ?
On s'aime. Guidés par des antennes toutes neuves, on est sûrs de se comprendre à demi mots, de « deviner » ce qu'll pense, de « savoir » pourquoi il agit. Car après la période d'inquiétude suit la période de certitude. Hélas ! elle n'est guère plus éclairée. Car si le doute torturait, la conviction égare. Personne ne sait jamais, en fait, ce que l'autre pense ; personne ne peut affirmer que les demi mots disent clairement ce qu'il laissent entendre ; personne ne sait pourquoi l'autre agit.
Seule une longue connaissance apporte cette paix royale de s'aimer sans se tourmenter. Quand on a fait un tour de vie ensemble et qu'on a fait le tour de l'autre (son caractère, ses faiblesses, ses forces, ses silences, ses colères, ses espoirs, sa famille et ses désillusions), alors on peut être certains (presque…) que rien ne nous séparera plus.
On s'aime. Les fiançailles d'autrefois permettaient de mieux se connaître. Encore que… Les amours d'aujourd'hui, immédiates ou en tous cas rapides, engendrent plus de malentendus encore. Et, certainement, de souffrances. Ou alors, d'endurcissement. Est-ce un bien ? Je vous pose la question.
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